Trustly franchit le cap des 120 millions d'utilisateurs Pay by Bank

Tout le monde pensait que Pay by Bank s'essoufflerait face à la fidélité aux cartes de débit. Trustly vient de prouver le contraire — avec 120 millions d'utilisateurs. Voici pourquoi cela renverse la donne des transactions quotidiennes.

Graphique du jalon Trustly montrant 120 millions d'utilisateurs Pay by Bank dans le monde sur une carte

Key Takeaways

  • Trustly atteint 120 millions d'utilisateurs, avec au Royaume-Uni un tiers des adultes adoptants et +34 % sur un an.
  • Pay by Bank évite les frais de carte et les applis, mais bute sur l'habitude malgré sa simplicité.
  • Le basculement architectural via open banking le positionne pour défier la domination des cartes de débit à long terme.

Pay by Bank passait pour le cousin gênant de la famille des paiements. Celui qui promettait la magie des virements directs depuis la banque, sans carte ni appli, mais que personne n’osait vraiment adopter au détriment de sa Visa. Et voilà que Trustly balance ça : plus de 120 millions d’utilisateurs dans le monde. Pas du bla-bla. Une vraie secousse sous les pieds des géants qui croyaient les cartes de débit éternelles.

Et le meilleur ? Ce n’est pas qu’une question de chiffres. C’est structurel. Les banques, jadis des silos, deviennent des tuyaux pour des prélèvements fluides. Le cap franchi par Trustly clame haut et fort que open banking n’est plus un gadget européen : c’est la plomberie mondiale qui réinvente nos paiements.

Ce que tout le monde anticipait (et pourquoi ils se fourraient le doigt dans l’œil)

Retour en 2020. Les observateurs fintech pariaient sur les fusées crypto ou les bulles du buy-now-pay-later. Pay by Bank ? Un truc de niche pour les factures, au mieux. Les cartes de débit représentaient 30 % des ventes aux États-Unis, portées par l’habitude pure — litiges compréhensibles, fonds qui partent à date fixe. Les cartes de crédit agitaient leurs rewards. À quoi bon se coltiner des logins bancaires ?

Mais Trustly n’a pas attendu l’autorisation. Ils ont embarqué Booking.com, AT&T, et même l’administration fiscale britannique — leur plus gros mandat open banking à ce jour. Résultat : 120 millions d’utilisateurs. Au Royaume-Uni ? 15 millions, un tiers des adultes, en hausse de 34 % sur un an. En Europe : 64 millions. Aux États-Unis : 100 millions qui autorisent l’accès à leurs données. Les pronostics en miettes.

« Atteindre 120 millions d’utilisateurs est un vrai jalon pour Trustly et confirme notre rôle central dans l’élan mondial de Pay by Bank », a déclaré Johan Tjärnberg, PDG de Trustly.

Il n’a pas tort. Mais arrêtons le storytelling : ce n’est pas juste Trustly qui se la pète. Ce sont les consommateurs qui votent avec leurs identifiants pour plus de rapidité sans plastique.

Des paragraphes courts qui cognent. Celui-ci ? Un souffle.

Creusons. Le génie de Pay by Bank, c’est l’invisibilité : pas d’appli nouvelle, pas de compte, juste des flux bancaires pour factures, abos, virements. PYMNTS l’a bien cerné : les consommateurs sautent les obstacles habituels. Pourtant, l’adoption stagne à 1,5 % des transactions américaines. Pourquoi ? L’habitude. La poigne des cartes de débit n’est pas technique, c’est de la mémoire musculaire. L’explosion des utilisateurs chez Trustly suggère que ça craque.

Pourquoi l’essor de Pay by Bank compte-t-il autant aujourd’hui ?

Parce que l’architecture gagne les guerres. Souvenez-vous du passage des chèques aux cartes dans les années 80 ? Tout le monde misait sur des files d’attente infinies en agence le vendredi. Puis les réseaux ont basculé : authentification instantanée, portée mondiale. Pay by Bank fait écho. Les API open banking transforment les banques en services ouverts, pas en forteresses. Trustly surfe la vague, avec Trustly ID biométrique en Europe, Scan & Pay pour les jeux. Aux États-Unis ? 30 % des consommateurs l’ont testé l’an dernier.

Mais voilà mon angle perso, que le communiqué glisse sous le tapis : ça ressemble au pivot fax-mail. Les fax étaient « sécurisés » aussi, jusqu’à ce que l’e-mail les rende obsolètes du jour au lendemain. Pay by Bank pourrait faire le même coup aux cartes de débit — plus rapide, moins cher pour les commerçants (pas d’interchange), sécurisé par vérif bancaire. Prono audacieux : d’ici 2028, il capte 10 % du volume US, forçant Visa à pivoter ou s’allier.

Vérif sceptique. Le PR de Trustly vend du rêve, mais la sécu traîne — 30 % des utilisateurs s’en inquiètent selon PYMNTS. Et par défaut ? Non. Les cartes gèrent mieux les litiges. Mais 120 millions, ça sent le momentum.

Une phrase : Les marchands adorent les frais.

Plus profond — les fils

James Kowalski
Written by

Investigative tech reporter focused on AI ethics, regulation, and societal impact.

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Originally reported by PYMNTS